|
||||
|
|
Intégrale des Opéras de Purcell,Musique ancienne & Mise en scène moderne
L’équipe revisite Purcell pour le plus grand plaisir de tous les publics, ce avec son exigence artistique habituelle. Frédérique Chauvet et ses metteurs en scène ne choisissent pas de réaliser la reconstitution historique des œuvres. L’ensemble Barokopera Amsterdam joue sur instruments baroques et Frédérique Chauvet, chef d’orchestre spécialiste de cette période, puise son inspiration dans l’esthétique propre du compositeur et de son temps. Tout en synthétisant l’œuvre et privilégiant sa dimension musicale, elle entend redonner à celle-ci sa particularité : celle d’un semi-opera, ou dramatic opera, forme lyrique propre aux compositeurs britanniques de la fin du XVIIème siècle où l’action est menée par le théâtre et commentée par la musique. On pourrait sans doute parler d’un « théâtre musical » avant la lettre. Les dramatic operas de Purcell furent pour les rois de la Restauration anglaise un moyen de déployer en leur Cour un faste comparable à celle de Louis XIV où ils avaient vécu leur enfance en exil sous Cromwell. tout en répondant au goût du public anglais féru de théâtre. Cette dimension politique du semi-opera est particulièrement forte dans le cas de King Arthur par le sujet lui-même. Pour le librettiste John Dryden, le poète de la cour fort apprécié à son époque, il s’agit très clairement de légitimer la lignée des rois d’Angleterre en donnant à celle-ci les racines qui lui manquent. Le « jeu théatral transparent » sert parfaitement le style épique : l’acteur devient une sorte de narrateur mis en scène. En mettant en jeu l’acteur dans une relation autonome avec sa narration, l’oeuvre, outre le développement de l’action et sa signification au niveau des personnages, s’enrichit d’une interprétation au niveau de la narration elle-même. En bref : les acteurs ne sont pas seulement Arthur ou Oswald, mais font comme s’ils étaient ces personnages, à l'image d'un enfant qui joue. Cette technique de jeu sert particulièrement une oeuvre fragmentée comme le King Arthur de Purcell et Dryden, oeuvre constituée d’une suite de tableaux indépendants les uns des autres. Elle est particulièrement efficace lorsqu’on choisit, comme nous le faisons, de ne pas jouer l’intégralité des scènes théatrales - qui dureraient près de 4 heures – en plus des 2 heures de musique ! A l’époque de Purcell, déjà, on adaptait les oeuvres en fonction des exigences du commanditaire, des circonstances de la représentation et même en fonction du plateau disponible. Pourquoi ne pas faire de même ? En effet, si le public du XVIIème considérait le théâtre autant comme un prétexte aux relations sociales qu’un lieu de création artistique (il y passait volontiers de longues heures, l’attention captivée par les plus belles scènes seulement), le public contemporain, lui, préfère un spectacle plus concis, auquel il consacre toute son attention. Dans notre mise en scène, les chanteurs sillonnent l’oeuvre, y puisent ce qu’ils trouvent important, et content l’histoire qu’ils ont su faire leur. En résulte un jeu ludique qui, tout en sauvegardant l’esthétique propre de l’oeuvre - une exigence à l’opéra-, en offre une interprétation moderne, et même presque instantanée. L'oeuvre est ainsi aisément accessible à un large public. |
||||
|