Presse

Joep Stapel dans NRC (18 janvier 2017)

Mooie koorzang in excentrieke productie van ‘Acis & Galatea’

Magnifique Ensemble vocal pour une production excentrique d’Acis & Galatea
On s’interroge alors que le quintet vocal entre vêtu de cocasses costumes de laine: que va-t’il se passer? Ils représentent sans doute le troupeau de moutons du berger Acis, mais ressemblent plus à des lapins au sourire démoniaque. Acis, lui, évoque un rocker glamour et androgyne en pleine gueule de bois. Tout au long de la soirée, les plaisanteries ne manquent pas...
Pourtant cette production de l’opéra de Häendel, Acis & Galatea, se révèle fort réussie, même si BarokOpera Amsterdam et le jeune metteur en scène suisse Julien Chavaz ont choisi une interprétation fort peu orthodoxe.
La mise en scène est pleine d’idées, sans pour autant tomber dans la fatuité. L’accumulation de détails surprenants, de répétitions presque obsessionnelles se révèle sans cesse plus amusante et efficace. Mais c’est avant tout l’excellent jeune choeur qui en fait le charme, il est plein de vie dans les nombreux ensembles.
BarokOpera Amsterdam, fondée en 2000 par la cheffe et flûtiste Frédérique Chauvet, est une petite compagnie lyrique qui s’auto-finance en grande partie, et s’attache à une interprétation authentique sur instruments d’époque. Sans subventions structurelles, mais grâce au soutien de la Fondation du Spectacle Vivant du Ministère de la Culture /néerlandaise/ en complément des recettes, la compagnie réalise chaque année une nouvelle production. Ce projet Häendel va partir pour une grande tournée.
Pendant cette Première à La Haye, l’ensemble instrumental joue avec vivacité et flexibilité, même si l’ouverture est un peu tendue. Mis à part quelques légers décalages, l’interaction avec les chanteurs est très bonne, et l’intégrité musicale contraste de facon particulièrement agréable avec les curiosités du plateau.
Le récit est tiré des Métamorphoses d’Ovide. Le berger Acis et la nymphe Galatée sont amoureux. Le cyclope Polyphème s’éprend également de Galatée, mais n’étant pas payé de retour, il tue Acis en l’écrasant sous un rocher. Acis est transformé en rivière ce qui adoucie la peine de Galatée.

Le décor est constitué d’une boîte blanche à laquelle s’ajoute un nombre croissant de cubes noirs, symboles de l’innocence peu à peu compromise. Dans ce décor dépouillé, cet Acis & Galatea excentrique paraît comme une réminiscence de Barbarella. Mais au milieu de ce “fantasy-pastiche”, il y a également des moments de pure beauté : le choeur a capella Mourn, all ye Muses, ou encore l’air si contemplatif du vieux berger.
Après les lapins toqués et le rocker déjanté, Galatée paraît tel un crocus de printemps bleu-verte, dotée de cheveux ondoyants comme une flamme démesurée. La soprane Elodie Kimmel, avec sa belle voix , sans vibrato excessif, donne à cette précieuse poupée branlante une personnalité fort touchante. L’entrée d’Acis est un peu hésitante, le ténor Jan-Willem Schaafsma se reprend vite pour se réveler excellent. Le baryton-basse Marc Pantus est quant à lui brillant dans le rôle de Polyphème, son oeil géant clignote vraiment et son costume, une sorte de cuirasse faite de pierrailles, le transforme en une espèce de Chippendale branché. Son air O ruddier than the cherry poussé jusqu’à l’absurde est tout simplement hilarant.
 




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